mercredi 24 juillet 2019


L'ouverture des travaux de la première session de la cour d’assises de l’année judiciaire 2018-2019 s'est déroulée le lundi, 15 avril 2019, à la cour d'appel de Bamako. C’était en présence du Procureur Général près la Cour d’Appel,  Idrissa Arizo Maïga, du premier Président de la Cour d’Appel, M. Abdramane  A. Maïga, du représentant du président du Barreau, Abdoulaye SANGARE.

Les affaires programmées au cours de cette session  sont au nombre de quatre-vingt-douze (92) dont quatre (4) reviennent sur les intérêts civils. Au fond, quatre-vingt-huit affaires (88) pour un total de cent vingt (121) accusés, se répartissant ainsi qu'il suit : crimes de sang assassinat 10 ; coups mortels 09 ; meurtres 06 ; empoisonnement 02 ; parricide 01 ; coups et blessures volontaires aggravés avec mutilation 01 ; infanticide : 03. Les infractions contre les mœurs sont au nombre de 21 dont 10 cas de pédophilie et 11 cas de viol. Infractions contre les biens: vols qualifiés, association de malfaiteurs 10 ; atteinte aux biens publics 02 ; faux et usage de faux 03 ; terrorisme 10 ; trafic de stupéfiants 4 ; traite de personne et enlèvement 04 et un (1) cas d'exploitation organisée de la mendicité.
Selon les explications du PG, la Cour d'Assises donne bien souvent l'occasion de décliner des observations quant à l'état de la justice pénale à travers les craintes, les doutes qu'elle suscite, la perception du citoyen de sa justice et la réaction de celle-ci face aux problèmes quotidiens, récurrents.

D'abord, ajoute-t-il,  il est désormais constaté par tous, que les violations les plus graves de la loi, passent pour des banalités, et ils ne sont pas nombreux ceux qui s'en émeuvent, car plutôt que de s'en émouvoir, de s'en inquiéter ou s'en indigner, on s'en délecte goulument dans les réseaux sociaux, avec le plaisir inconscient que chaque jour apporte son drame plus croustillant que le jour d'avant, l'appétence du citoyen pour le sensationnel toujours plus inextinguible.
‘’L'illustration la plus patente de cette situation, c'est qu'à l'occasion des cours d'assises et depuis longtemps, les rôles sont envahis par les crimes de sang, c'est-à- dire les atteintes à la vie et à l'intégrité physique de la personne humaine, ce qu'il y a de plus sacré. Un tel péril ne doit-il pas interpeller ? Bien sûr que oui’’, a indiqué  M. Arizo.
Conscient de l’importance de la justice, il a déclaré que le remède à toutes les dérives, reste la justice. ‘’Il faudrait que sur l'ensemble du territoire la justice soit mise dans les conditions de fonctionnement optimum, car là où il n'y a pas de justice, s'installe rapidement le désordre, l'incivisme et le gâchis et un lit douillet pour l'impunité, source de tous les abus, et des plus horribles. Kologo et Ogossagou récemment, sont là pour nous le rappeler.

La justice ne peut résoudre tous les problèmes, mais sa présence est indispensable pour ramener la sérénité, la tranquillité ou la paix sociale, par la confiance qu'elle permet de restaurer, en ses moments d'instabilité, de peur et de désespoir. La justice ne peut exister là il y a pas l'Etat avec l'ensemble de ses structures qui la compose (administration, sécurité et autres), et dont elle est une composante axiale. Par ailleurs, il n'y a pas justice performante, quand ses organes de contrôle, gage de son bon fonctionnement sont atrophiés, faute de personnel suffisant ou de moyens appropriés et adéquats’’, a interpellé les plus hautes autorités.

Alassane Cisse

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