mercredi 14 novembre 2018


Au groupe scolaire Aminata Diop de Lafiabougou, il y a des ignominies qui se passent de commentaires. Des viols commis sur des élèves, des agressions physiques et/ou verbales contre le corps professoral, tout y passe dans l’indifférence totale de l’administration scolaire.
Apparemment, le complexe scolaire Aminata Diop serait devenu le coin préféré des petits malfrats du quartier, en complicité avec certains élèves de l’école.
Les viols sont légion dans cet établissement scolaire du CAP de Lafiabougou. Un mois seulement après la rentrée des classes, plusieurs cas de viols ont été enregistrés dans cet établissement, nous confie une source ayant requis l’anonymat. Un autre enseignant de l’école indique qu’il y a eu plusieurs cas signalés l’année dernière et même cette année. L’enseignant affirme avoir été plusieurs fois intimidé par les jeunes délinquants armés de coupe-coupe, de couteaux et de gaz lacrymogènes. Ces bandits n’hésitent pas à rentrer dans la classe pour l’insulter et l’obliger à arrêter son cours. Comme en terrain conquis, ils attendent les élèves devant la cour et les spolient de leurs sacs, cahiers, argents et téléphones portables sous la menace d’un couteau ou d’un objet tranchant. Par peur des représailles, beaucoup d’enseignants ne souhaitent pas parler de ce phénomène. Idem pour l’administration scolaire. Rencontrés par nos soins, le directeur et le coordinateur du groupe scolaire n’ont pas souhaité se prononcer sur le sujet, affirmant n’être pas mieux placés pour en parler.

Les auteurs seraient des jeunes délinquants et des drogués qui sont installés derrière les murs de l’école. Notre source rapporte qu’ils abusent des filles dans les épaves de voitures qui sont garées derrière la cour de l’école. Ces jeunes sous l’emprise de l’alcool et de la drogue n’hésitent point à agresser verbalement et physiquement les enseignants.
L’année dernière, une enseignante a été poignardée par ces jeunes qui ont élu domicile presque dans la cour de l’école.
La directrice du CAP, Rokia Mariko, explique qu’actuellement les établissements scolaires sont devenus des lieux de vagabondage de tous genres. Et que le cas du complexe scolaire Aminata Diop en est une illustration parfaite.

Rokia Mariko affirme que des cas d’agression se produisent presque chaque semaine à l’encontre des élèves ainsi que le corps professoral. Elle témoigne que le Mardi 13 octobre dernier, le gardien du complexe scolaire Aminata Diop a été sévèrement agressé par des individus non identifiés.  Cependant, elle ne confirme pas de cas de viol. Mais, pour ce qui concerne les vols et des violences, ils sont monnaie courante. La directrice pense que dans ce genre de situation ni les enseignants ni les élèves ne sont en sécurité dans leur propre établissement.
Aussi, se dit-elle consciente que ce phénomène est un véritable handicap pour l’éducation des élèves. Il aurait un impact psychologique sur les enfants.
Partant, elle se veut rassurant que des dispositions sont en cours pour sécuriser l’établissement et ses occupants.
Pour sûr, le corps professoral envisage de cesser le travail jusqu’à ce que la sécurité y revienne.
Faut-il rappeler que le groupe scolaire Aminata Diop est l’un des plus grands complexes scolaires du district de Bamako et accueille des centaines d’élèves de la Commune IV. Tout autour de l’école se situent des garages automobiles et des tentes servant d’abris pour les tapeurs de bazin. Ainsi, des dizaines de voitures hors d’usage côtoient les murs et servent de refuges aux jeunes délinquants de jour comme de nuit.   
Il urge que les autorités politiques et administratives s’assument pour éviter qu’un far west émerge en plein cœur de la commune IV.
A suivre.
Sanata GOITA (stagiaire)

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