dimanche 26 mai 2019

La famille d’Adama Traoré, un jeune homme mort après une course-poursuite avec la police en juillet 2016, a fourni à la justice un nouveau rapport d’expertise médicale qui contredit les conclusions de l’enquête.

C’est un nouveau rebondissement, de taille, dans l’affaire Adama Traoré. La famille d’Adama Traoré, persuadée que le jeune homme est mort à la suite de violences policières, ne perd pas espoir et relance le dossier.

L’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, a non seulement demandé le lundi 11 mars que les gendarmes soient réentendus mais aussi transmis aux juges, Lucie Berthezene et Laurence Lazerges, une contre-expertise qui remet en cause la synthèse médico-légale rendue à la justice en septembre dernier.

Cette nouvelle expertise rédigée par quatre professeurs d’hôpitaux parisiens à la demande des parties civiles, contredit sévèrement les conclusions de l’enquête que les juges ont décidé de clore sans mettre en cause les gendarmes.
« Cette expertise démontre clairement que les gendarmes sont mis en cause dans la mort de mon frère », a réagi auprès de l’AFP Assa Traoré, la sœur aînée du jeune homme. « Maintenant, on attend un procès. »

Mais les quatre professeurs choisis par la famille, dont deux spécialistes de ces maladies, leur répondent en dénonçant une conclusion « médicalement fausse car elle ne repose que sur des spéculations théoriques sans fondement scientifique, en l’état actuel des connaissances », selon le rapport que l’AFP a pu consulter.

Les médecins vont même jusqu’à accuser leurs confrères d’avoir rendu des « conclusions biaisées sur le plan intellectuel, voire de l’éthique médicale ». Ils s’accordent néanmoins avec trois des quatre expertises précédentes pour attribuer le décès d’Adama Traoré à « un syndrome asphyxique aigu », tout en excluant qu’il résulte de son état de santé antérieur. Ils invitent donc à « se poser la question de l’asphyxie positionnelle ou mécanique », ce qui tend vers une mise en cause de la technique d’interpellation des gendarmes.

S’appuyant sur cette nouvelle analyse, l’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, a réclamé une nouvelle audition des trois gendarmes, dans l’espoir qu’ils soient mis en examen puis renvoyés devant une cour d’assises pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Pour rappel, les conclusions du rapport daté de l’automne exonéraient les gendarmes de toute responsabilité, considérant que le décès du jeune homme de 24 ans découlait de plusieurs pathologies, dont la victime et sa famille n’avaient pas connaissance.

Les magistrats parisiens avaient décidé mi-décembre de boucler leurs investigations sans mettre en examen les trois gendarmes au cœur de l’interpellation de ce jeune homme noir de 24 ans, le 19 juillet 2016 à Beaumont-Sur-Oise (Val-d’Oise), au terme d’une course-poursuite.

Depuis le début de l’affaire, qui avait généré cinq nuits de violences dans ce département au nord de Paris, les proches d’Adama Traoré dénoncent sans relâche une interpellation violente, accusant aussi les gendarmes de ne pas avoir secouru le jeune homme, laissé menotter jusqu’à l’arrivée des pompiers.

Opri Avérroèse Kalet

NN

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