mercredi 14 novembre 2018


Sans tambour ni trompette et de commun accord avec le chef de gouvernement, le ministre Témé est en passe d’apporter la vraie thérapie  aux maux de l’école malienne. C’est le constat qui se dégage de notre analyse sur les grandes innovations de l’ère Témé en cours  mais sans bruit et qui a trait, entre autres, à la moralisation du système éducatif dans tous ces aspects, à l’amélioration de la qualité de la formation des enseignants et des apprenants, à la responsabilisation des vrais acteurs de l’éducation.
Depuis des décennies, le système éducatif  malien a vécu des réformes majeures sur plusieurs plans et à différents niveaux. Mais les défis restent  toujours les mêmes. Il y a du chemin à faire pour pouvoir discerner les véritables enjeux de l’école malienne. C’est dans ce contexte de défis du renouveau pour notre  système éducatif que Pr Abinou Témé prenait les rênes de l’Education nationale en mai dernier quittant son poste de doyen de la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences de l’Education (FSHSE) de l’Université des Lettres et Sciences humaines de Bamako (ULSHB).
 « L'éducation est l'arme la plus puissante que l'on puisse utiliser pour changer le monde », déclarait le très célèbre Nelson Mandela.  Cette vision semble être bien partagée par l’actuel chef du département en charge de l’éducation qui est en train de  prendre  la mesure du défi posé par le flux de scolarisation pour pouvoir assurer une éducation de qualité raisonnable à une masse d’enfants de plus en plus importante dans le contexte de ressources budgétaires limitées.
Décidemment, le président de la République et son premier ministre ne se sont pas trompés de choix sur Pr Abinou Témé pour les commandes de l’éducation nationale aujourd’hui élargie à l’enseignement supérieur. Ce haut professeur du monde universitaire malien, un éminent enseignant de carrière a montré ses preuves. Un discret expert de la boite, privilégiant les actions concrètes aux discours, le ministre Témé est l’un des rares ministres de l’éducation à  discerner les véritables enjeux de l’école malienne.
 Sur la base  des enseignements tirés par ses prédécesseurs, le ministre Témé, de commun accord avec son chef, le premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga, attaque le mal à la racine, ce sans bruit. Des discussions informelles avec certains de ses collaborateurs nous ont permis de comprendre que des mesures d’envergure sont envisagées pour la formation continue des enseignants, l’adaptation des curricula aux contextes locaux et régionaux, la responsabilisation des acteurs dans leur rôle, entre autres. Aussi, la gestion efficiente des écoles publiques souvent effondrées au profit des privés, les grèves récurrentes des partenaires de l’école qui ont des conséquences catastrophiques sur le niveau des élèves même diplômés sont autant de thérapies.
Aujourd’hui, tout est en voie d’être mis en œuvre pour l’amélioration, à impact rapide, de la qualité de la formation dans tous les ordres d’enseignements (fondamental, secondaire et supérieur). C’est d’ailleurs l’une des motivations de confier au ministre Témé la charge de l’enseignement supérieur.  Dans l’enseignement secondaire, l'approche dite par compétences prendra progressivement le pas.
Les récents incidents survenus au niveau de l’éducation nationale, relatifs notamment à la grève des écoles privées et au retard sur l’orientation des admis au DEF sont consécutifs auxdites  innovations. Selon les sources proches du département, deux raisons objectives ont pesé sur le retard. D’abord, le ministre Témé aurait instruit au respect  des textes selon lesquels, le travail des orientations revient à la CPS de l’éducation. Une rupture avec un système qui présenté ses effets secondaires. Ensuite, la vigilance a été de mire. En effet, le ministre  aurait partagé au premier ministre son souci sur le dépassement de 10 milliards dans le budget au chapitre des subventions. C’est ainsi que sur instruction du PM, toutes les gymnastiques ont été cette fois-ci explorées pour réduire de façon optimale la charge de l’Etat. C’est dans ce contexte que l’orientation des élèves des 10 ème années  a été reprise en tenant compte d’importants paramètres. La bonne gymnastique trouvée par les  techniciens de l’éducation a été, d’une part, l’orientation d’un maximum d’élèves dans les établissements publics, et d’autre part,   l’orientation d’un maximum d’élèves dans les lycées au détriment des écoles techniques professionnelles, les élèves de ces écoles coutant plus chers à l’Etat. C’est pourquoi, avec l’orientation rendue publique le mardi 30 octobre, les établissements publics ont reçu beaucoup plus d’élèves dans les filières techniques. Une bonne administration de la chose publique, une situation largement appréciée par le Malien lambda.
Au chapitre des impayés de l’exercice écoulé, objet de la grève des promoteurs d’écoles privées, il ressort que le Trésor public a payé plus 25 milliards de FCFA sur 32 milliards et attend les  justificatifs pour payer le reste. Selon les mêmes sources, l'ensemble des promoteurs des régions ont été payés. Une bonne partie des promoteurs de Bamako refusent de présenter des justificatifs au Trésor public pour un montant de 6,6 milliards. Apparemment un exercice de moralisation des dépenses publiques auxquels les promoteurs ne veulent pas se soumettre.
Autant les dépenses dans l’éducation sont considérées comme un investissement, autant la moralisation de ces dépenses est un passage obligé surtout à l’ère de la restriction budgétaire.
Daniel KOURIBA

Pin It

RAILDAINFO SUR VOS RESEAUX

L'actu en boucle