mercredi 14 novembre 2018

 

Le Directeur général de la Banque malienne de solidarité (BMS.SA) a des nouveaux soucis avec la justice. Abusivement licencié, un chef d’Agence s’apprête à poursuivre la banque et son DG en justice.

Décidemment, le Directeur de la banque la plus contestée du Mali n’en finit pas avec les déboires judiciaires. Il est aujourd’hui dans le viseur d’un ancien chef de l’agence de Koutiala. Silatigui Dembélé, c’est le nom de l’employé que Babaly BA martyrise depuis bientôt trois ans.
Les faits
Pour comprendre cette affaire rocambolesque, il faut remonter au mois de février 2016. Le chef d’agence de Koutiala a été relevé de son poste par l’Inspection générale de la BMS suite à la découverte d’un préjudice de 3 307 000 FCFA dans la gestion de Silatigui Dembélé, muté entre temps à la frontière ivoiro-malienne.
Le 19 février, l’habilitation de travail de l’employé est suspendue par le service informatique. Le chef de service lui explique de rentrer chez lui et qu’il sera contacté très bientôt. Chose qui n’a jamais eu lieu. Dans l’attente d’être redéployé ailleurs, Silatigui Dembélé a constaté la suspension de son salaire en fin avril 2016, sans aucune note explicative au préalable.
Au mois de mai, il fut convoqué à la direction régionale de l’Inspection du travail de Sikasso par le service des ressources humaines et des moyens généraux de la banque. L’objectif de cette convocation était d’enclencher la procédure de licenciement. Deux mois après, il n’avait reçu aucune correspondance ni de la banque ni de l’Inspection.
Alors, Babaly BA proposa à l’agent un règlement à l’amiable. « Silatigui, tu es un chef de famille, ne commets plus ces genres d’acte. J’avais voulu te licencier, mais patiente toi. Je vais te trouver un autre poste. Mais tu dois garder cet entretien en secret », le rassure le DG. Nous sommes le 8 juillet 2016. Une semaine après cet entretien un peu bizarre, le directeur lui envoie un texto pour lui demander de patienter encore. Le 11 avril 2017, il réaffirme à l’agent sa volonté de le récupérer.
Depuis, rien ne fit. Toute les tentatives de régler à l’amiable la situation sont restées vaines.
Les zones d’ombre
Dans cette affaire à rebondissements, plusieurs zones d’ombre planent. D’abord, Silatigui a vu son salaire suspendu sans explication. Mais, il continue de bénéficier des prestations de l’AMO et de l’INPS, liées pourtant au salaire. Comment peut-on bénéficier de ces prestations sans le salaire ? Mirage et boule de gomme !
Ensuite, on n’a jamais notifié à Silatigui son licenciement.
Comme il n’a reçu aucune notification et que le Directeur lui promet de le récupérer, l’homme s’est toujours compté dans les effectifs de la banque. Ainsi, il n’a jamais cherché un autre emploi.
Joint au téléphone, Babaly BA affirme avoir licencié l’agent en question lui avoir même notifié cela. Après vérification, il se ravise et promet de régler la situation de son employé. Il rappellera ensuite l’agent pour l’intimer d’arrêter de lui mettre la pression par voie de presse.
Le chargé de communication de la banque, quant à lui, soutient que le DG a beaucoup d’estime pour Silatigui. Raison pour laquelle il tente, dit-il, de lui trouver un autre point de chute. Aussi, avoue-t-il que la banque ne lui a pas notifié son licenciement, car cela ne l’arrangerait pas. Il conseille plutôt à l’agent de s’en tenir au fait que le DG cherche à le recaser.
Il explique par ailleurs que le salaire de l’agent est bel et bien suspendu, et que la Canam et l’INPS n’auraient certainement pas mis leurs bases de données à jour ; sinon Silatigui ne devrait pas normalement bénéficier desdites prestations.

Un conseil juridique chevronné estime qu’en réalité la BMS a compris qu’elle est en faute pour n’avoir pas notifié à l’agent son licenciement. Donc, pour rendre le droit de Silatigui caduc, elle veut gagner du temps jusqu’en février 2019. A cette date, les droits de l’agent seront éteints.
Las d’attendre, le père de famille a décidé de porter l’affaire devant la justice afin de rentrer dans ses droits. S’il est licencié, qu’on le lui notifie et qu’on lui paye ses droits. Autrement, la BMS lui trouve un autre poste.
Cette énième affaire juridique n’est un aspect de la vague de procès intentés contre la banque. C’est ainsi que la BMS est condamnée par la Cour d’appel de Kayes à payer plus de 2 milliards de nos francs à un opérateur économique du nom d’Alesseni Diallo.
Faut-il rappeler que Babaly BA est à la retraite depuis le mois de décembre dernier. Mais par des manœuvres dilatoires, il s’accroche à son poste. Avant, il a monté un gigantesque empire pour son beau-fils, Papus Soumaré, PDG de ‘’Soum Motors’’, et son premier garçon. Ce dernier est l’un des plus grands fans du Real de Madrid. Il assiste à tous les matches de ce club, tant à Madrid et dans le reste du monde. Il est abonné annuellement au stade Santiogo Bernabeu.
Nous y reviendrons !
Harber MAIGA

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