mardi 11 décembre 2018


En acceptant de commencer les travaux de réhabilitation et d’entretien de la route nationale N*3 sous la pression de la jeunesse de la ville garnison de Kati, les autorités viennent d’ouvrir une boite à pandore.
« Seule la lutte libère » disait le  président Thomas Sankara du Burkina Faso. A l’image des   touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla), qui ont  pris des armes contre l’Etat malien pour se faire entendre. Les jeunots de Kati ont effectué le lundi  une descente musclée dans la rue pour exiger la réhabilitation et l’entretien de la route nationale N*3. Stratégie payante.  Les  travaux ont commencé le même jour. De deux choses l’une. Soit les autorités avaient entre les mains tout le dispositif nécessaire pour commencer les travaux de réhabilitation de la voie, soit elles ont été contraintes par les jeunes. Dans l’un ou l’autre cas, les jeunots  ont réussi le tour de force. Ce qui est à saluer. Cependant, ils   ouvrent   en même temps un précédent fâcheux au Mali et présage un lendemain qui déchante.  
Car que dira—t-on le jour où les jeunes de Kayes décident à leur tour de  barricader la route à l’entrée de la ville pour exiger la construction  de la voie Kayes-Bamako et la réhabilitation  de Bamako-Dakar ferroviaire ?   Que feront les autorités quand  les jeunes de Gao bloqueront la route qui mène l’aéroport à l’élite qui se rend dans la ville des Askia avec l’aide de la MINUSMA  jusqu’à la réhabilitation complète de la route Sévaré-Gao dont l’importance n’est plus à démontrer. Et si la jeunesse de Tombouctou où de Sikasso également se révolte ?
En prêtant le flanc, le pouvoir en place  vient de tirer une balle dans le pied. Car en a pas douté, la situation à Kati fera des émules et  n’est pas exclu que d’autres s’en inspireront. Déjà les jeunes de Kolokani ont donné le ton, le mardi. A qui le tour demain ?
Abdrahamane Sissoko

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